JPMorgan s’oriente davantage vers la tokenisation, mais pas avec le ton haletant qui entoure souvent le sujet.
Dans des commentaires publiés vendredi, Ciarán Fitzpatrick, responsable mondial des produits ETF pour les services de titres de la banque, a déclaré que la tokenisation est susceptible de changer le marché dans l’ensemble du secteur des fonds, et pas seulement les fonds négociés en bourse. Il s’agit d’une déclaration importante de la part d’une entreprise aussi grande et axée sur les infrastructures que JPMorgan, même si le message s’accompagne d’une mise en garde tout aussi claire.
JPMorgan envisage un changement structurel, mais pas de résultats immédiats
Fitzpatrick a déclaré que l’expérimentation autour des ETF tokenisés est déjà en cours, motivée par la possibilité de mécanismes de création et de rachat plus rapides, d’un règlement quasi instantané et d’un accès continu au marché. Ce sont de réels avantages, du moins sur le papier. Quiconque a consacré du temps à la plomberie des fonds sait à quel point des cycles de règlement plus courts et des processus de transfert plus propres pourraient être utiles.
Il a néanmoins pris soin de ne pas exagérer le calendrier.
Cette retenue compte. Une grande partie du discours sur la tokenisation s’est concentrée sur l’ampleur de l’opportunité, souvent sans beaucoup de clarté quant à l’endroit où l’attrait commercial réel est le plus fort. Le point de vue de JPMorgan semble plus fondé. La direction est claire, mais le marché n’est pas encore totalement là.
Kinexys est l’endroit où la banque teste l’idée
JPMorgan explore déjà des applications potentielles via Kinexys, son unité commerciale blockchain. Cela suggère que la banque ne se contente pas de commenter en marge. Il s’agit de tester où la tokenisation pourrait s’intégrer dans des flux de travail financiers réels, probablement avant de s’engager dans un déploiement plus large.
C’est probablement le signal le plus utile ici. La banque ne considère plus la tokenisation comme une expérience marginale. Il s’agit de le considérer comme quelque chose susceptible de s’intégrer au fil du temps, à condition que l’adéquation produit-marché s’améliore.
Pour le secteur des fonds, c’est peut-être ce qui compte le plus. La tokenisation commence à ressembler moins à un concept lointain qu’à une future couche opérationnelle. La question n’est plus de savoir si les grandes institutions y prêtent attention. Ils sont. La vraie question est de savoir quel cas d’utilisation mûrira en premier et s’il est suffisamment convaincant pour faire évoluer le reste du marché avec lui.








